Pression de chaudière : la bonne valeur, trop basse, trop haute

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Quelle est la bonne pression d’une chaudière ?

La pression se lit sur le manomètre de la chaudière : un cadran à aiguille, souvent avec une zone verte, ou un chiffre sur l’écran. Elle mesure la pression de l’eau du circuit de chauffage, pas celle du gaz.

Il n’existe pas une valeur unique : chaque fabricant donne la sienne. Voici ce qu’indiquent les notices et pages d’aide consultées.

Situation Valeur repère D’après
Chaudière froide, cas le plus courant 1 à 1,5 bar Saunier Duval, Vaillant, Viessmann, Atlantic
Chaudière froide, certaines gammes jusqu’à 2 bar (1 à 2 bar ; 1,5 à 2 bar conseillés) elm.leblanc ; De Dietrich (Innovens, NeOvo)
Chaudière en chauffe monte un peu, doit rester sous 2,5 bar Vaillant
Variation normale sur la saison plus ou moins 0,3 bar Viessmann
Alerte « manque d’eau » sous 0,5 bar (Saunier Duval) ou sous 0,8 bar (De Dietrich Innovens) notices fabricant
Ouverture de la soupape de sécurité 3 bar De Dietrich (soupape tarée à 3 bar) ; Viessmann (couper la chaudière à 3 bar)

La bonne valeur pour votre chaudière est celle de sa notice. Si vous ne l’avez plus, la zone verte du manomètre donne le repère, et le chauffagiste peut vous l’indiquer lors de l’entretien annuel.

Pourquoi la pression monte quand la chaudière chauffe ?

L’eau se dilate en chauffant. Le vase d’expansion, un réservoir qui contient un coussin de gaz, absorbe ce surplus de volume. La pression monte donc un peu en chauffe et redescend quand l’eau refroidit : c’est normal.

Pour comparer d’un jour à l’autre, lisez toujours la pression chaudière froide, le matin avant la relance par exemple.

Maison à étages : faut-il plus de pression ?

Oui, un peu. Viessmann explique qu’il faut garder entre 0,2 et 0,5 bar au point le plus haut de l’installation, et que 10 mètres de hauteur entre la chaudière et le dernier radiateur représentent environ 1 bar. Dans une maison à étages, la pression se règle alors plutôt entre 1,2 et 1,5 bar. Si les radiateurs du haut chauffent mal alors que ceux du bas vont bien, la pression peut en être la cause.

Pression trop basse ou à 0 : que faire ?

Une pression basse n’est en général pas dangereuse pour les personnes : elle empêche surtout la chaudière de bien fonctionner. Sous un certain seuil, la chaudière s’arrête et affiche un défaut « manque d’eau » : voir Chaudière en sécurité.

Les causes les plus citées par les fabricants :

  • une fuite, même minime, sur un radiateur, un raccord ou un tuyau ;
  • des purges de radiateurs : chaque purge fait sortir un peu d’eau ;
  • un vase d’expansion dégonflé ou défectueux.

Remettre de l’eau, étape par étape

  1. Arrêtez la chaudière si elle ne s’est pas déjà arrêtée seule, et laissez-la refroidir.
  2. Repérez le robinet de remplissage (on parle aussi de disconnecteur). Sur une chaudière murale, il est en général sous l’appareil ; sur une chaudière au sol, sur la tuyauterie de l’installation. Il peut y avoir une ou deux manettes. La notice indique son emplacement.
  3. Ouvrez doucement et regardez le manomètre monter.
  4. Refermez dès que vous atteignez la valeur de la notice (par exemple 1 à 1,5 bar). Vérifiez qu’il est bien fermé : un robinet resté entrouvert fait monter la pression sans arrêt.
  5. Remettez la chaudière en marche et réarmez-la si l’écran le demande.
  6. Surveillez la pression les jours suivants.

Si la pression ne monte pas quand vous ouvrez le robinet, ne forcez pas : le robinet, le manomètre ou une fuite importante peuvent être en cause. Appelez un chauffagiste.

Vous remettez de l’eau toutes les semaines ? Ce n’est pas normal. Saunier Duval, Atlantic et Viessmann le disent de la même façon : un appoint trop fréquent signale une fuite ou un vase d’expansion qui ne joue plus son rôle. Faites contrôler l’installation plutôt que de compléter sans fin.

Pression trop haute : que faire ?

Les causes, de la plus fréquente à la plus technique :

  • le robinet de remplissage mal refermé : de l’eau froide entre en continu et la pression grimpe ;
  • un circuit trop rempli après un appoint ;
  • un vase d’expansion défaillant ;
  • une soupape de sécurité défectueuse.

Ce que vous pouvez faire :

  1. Vérifiez que le robinet de remplissage est bien fermé.
  2. Purgez un radiateur pour faire sortir un peu d’eau, chaudière arrêtée et radiateur refroidi, en surveillant le manomètre. Refermez dès que l’aiguille revient dans la zone normale. La méthode de purge est décrite dans Radiateur qui ne chauffe pas.
  3. Si la pression reste au-dessus de 2,5 bar, arrêtez la chaudière et appelez un chauffagiste. Viessmann conseille de couper la chaudière quand la pression atteint 3 bar, pour éviter que la soupape ne se mette à évacuer l’eau.

Quand la pression atteint le seuil de la soupape, celle-ci s’ouvre et l’eau s’écoule par son petit tuyau d’évacuation. Si vous voyez de l’eau à cet endroit, lisez Chaudière qui fuit.

Le vase d’expansion, souvent en cause

Saunier Duval le décrit comme un petit ballon, souvent rouge. Quand il est défectueux, il provoque des variations de pression et des fuites. Le signe le plus parlant : la pression grimpe fort quand la chaudière chauffe, parfois jusqu’à faire couler la soupape, puis retombe bas quand elle refroidit. Viessmann conseille de faire vérifier le vase dès que les variations dépassent 0,3 bar.

Le contrôle, le regonflage ou le remplacement du vase relèvent du chauffagiste. Il vérifie aussi le vase et la soupape de sécurité pendant l’entretien annuel : voir Entretien de chaudière obligatoire.

Quand appeler un professionnel

  • Vous devez remettre de l’eau régulièrement.
  • La pression ne monte pas quand vous ouvrez le robinet de remplissage.
  • La pression dépasse 2,5 bar et ne redescend pas après une purge, robinet de remplissage fermé.
  • La soupape de sécurité goutte ou coule.
  • La pression varie fortement entre chaudière froide et chaudière chaude.
  • La chaudière affiche un défaut de pression alors que le manomètre semble correct : le capteur de pression peut être en cause (De Dietrich prévoit un code dédié au « défaut du manomètre »).

Questions fréquentes

Pression de chaudière gaz à 0 : que faire ?

La chaudière se met généralement en défaut « manque d'eau » et s'arrête. Remettez de l'eau jusqu'à la valeur de la notice, puis réarmez si besoin. Une pression tombée à zéro suppose qu'une bonne quantité d'eau est partie : après une vidange ou une grosse purge, c'est explicable ; sinon, cherchez la fuite ou faites-la chercher.

Quelle pression pour une chaudière Saunier Duval, De Dietrich ou elm.leblanc ?

Les notices consultées donnent des repères différents : 1 à 1,5 bar sur une Isomax Condens de Saunier Duval, 1 à 2 bar dans la FAQ d'elm.leblanc, 1,5 à 2 bar conseillés sur la gamme Innovens de De Dietrich. Pour une Frisquet, une Atlantic ou une autre marque, prenez la valeur de la notice de votre modèle ou la zone verte du manomètre.

Pression de chaudière trop haute : est-ce dangereux ?

La chaudière a une soupape de sécurité qui évacue l'eau en cas de surpression, généralement vers 3 bar. Une pression haute n'est donc pas une menace immédiate, mais elle fatigue les joints, la soupape et le vase d'expansion. Au-delà de 2,5 bar qui ne redescend pas, arrêtez la chaudière et appelez.

Faut-il éteindre la chaudière pour remettre de la pression ?

En cas de pression trop basse, la chaudière s'est souvent déjà arrêtée seule. Sinon, Vaillant recommande de l'arrêter avant toute manipulation. Lire la pression chaudière froide donne aussi une valeur plus fiable.

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